Thomas GILLET
Président
Centre d'Action Laïque
Centre d'Action Laïque
"La laïcité est le principe humaniste qui fonde le régime des libertés et des droits humains sur l’impartialité du pouvoir civil démocratique dégagé de toute ingérence religieuse.
Il oblige l’État de droit à assurer l’égalité, la solidarité et l’émancipation des citoyens par la diffusion des savoirs et l’exercice du libre examen."
Art. 4 des statuts du CAL
Chères Amies, Chers Amis,
C’est avec honneur et responsabilité que j’accueille la confiance que le mouvement laïque a décidé de m’accorder en me désignant Président du Centre d’Action Laïque lors de son Assemblée Générale de ce samedi 28 mars 2026.
Depuis la fin de mes études, il y a maintenant plus d’une décennie, mon engagement fondamental est l’engagement laïque. Il a façonné mon parcours, nourri mes convictions et structuré mon action professionnelle, associative et citoyenne. Professeur de morale, enseignant en philosophie et citoyenneté, formateur à la neutralité, collaborateur scientifique dans le champ de l’étude des religions et de la laïcité, j’ai la conviction profonde que la laïcité constitue, aujourd’hui plus que jamais, un projet d’avenir pour notre société.
Le mouvement laïque m’a formé, accompagné et permis de grandir. Je lui dois beaucoup. C’est pourquoi ma démarche s’inscrit dans une volonté de rendre au mouvement ce qu’il m’a donné, en mettant mon énergie et mon expérience au service de notre idéal commun.
Notre mouvement est une force précieuse. Il repose sur des équipes engagées, des associations dynamiques, des régionales actives et des militantes et militants qui, chaque jour, font vivre concrètement les valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et d’émancipation. Nous ne partons pas de rien : nous disposons d’un outil puissant, reconnu, profondément ancré dans la société. Mais les mutations actuelles nous obligent à réfléchir à nos stratégies et à nos priorités pour les années à venir.
Dans ce contexte, mon action sera guidée par les trois orientations complémentaires fixées par la Convention laïque de 2026 : résister, proposer et se renforcer.
Résister, d’abord.
Nous traversons une période de fragilisation démocratique profonde. Celle d’une fragmentation dramatique du corps social. Une période où la loi du plus fort, la domination et la brutalité prennent le pas sur le droit comme outil de pacification des rapports humains. L’universalisme est contesté, les identitarismes gagnent du terrain, les droits fondamentaux sont remis en cause, les extrémismes progressent et le pluralisme s’érode face aux injonctions à la pureté. La laïcité — indispensable à la démocratie — est elle-même menacée, quand elle n’est pas détournée ou instrumentalisée par ses adversaires. Notre responsabilité est de défendre un cadre commun garantissant l’égalité de toutes et tous, l’impartialité de l’État et l’émancipation des citoyennes et des citoyens. Résister, c’est aussi refuser les replis communautaires, lutter contre toutes les formes de discrimination et préserver les institutions qui incarnent la liberté de conscience et le libre-examen.
Mais résister ne suffit pas. Pour construire ce monde commun, il nous faut également proposer.
Proposer, c’est affirmer que la laïcité n’est pas seulement une opposition à des dérives, mais un projet positif de société. Cela implique de proposer des solutions concrètes aux défis contemporains : défense des services publics et de leur neutralité, promotion d’une école publique émancipatrice et gratuite, protection des droits des femmes et des minorités, accompagnement moral, éducation permanente, réflexion sur la justice, la santé mentale, les questions éthiques et bioéthiques, l’enfermement ou encore l’impact des transformations technologiques sur nos démocraties. Proposer, c’est dialoguer avec la société, mobiliser les expertises internes et externes, et répondre à une question essentielle : à quoi ressemble une société laïque aujourd’hui et demain ?
Enfin, pour résister et proposer efficacement, nous devons nous renforcer.
Se renforcer, c’est d’abord « réunir ce qui est épars ». Cela signifie consolider nos structures, diversifier nos ressources, mutualiser nos moyens, renforcer la coordination interne et soutenir celles et ceux qui, au sein de l’ensemble de nos associations constitutives, font vivre le mouvement sur le terrain. Cela suppose aussi d’améliorer encore et toujours notre communication, de former nos cadres, de rendre visible l’action laïque et de créer des portes d’entrée claires pour les personnes qui souhaitent s’engager au sein de notre mouvement.
Se renforcer, c’est également rassembler les générations, soutenir la jeunesse, encourager la diversité des profils et favoriser la mixité au sein de nos instances. C’est valoriser nos maisons de la laïcité et nos amies et amis de la morale laïque, qui constituent, avec nos associations, les premiers lieux de contact avec la société et des espaces essentiels de solidarité, de débat et d’autonomie.
Se renforcer, enfin, c’est construire des convergences à l’extérieur : avec le monde associatif, culturel, éducatif et académique, qui se trouvent aujourd'hui fragilisés mais aussi avec toutes les forces politiques et démocratiques attachées aux libertés fondamentales. Nous devons être l’interlocuteur de celles et ceux qui veulent construire une société de progrès. Nous continuerons à mettre notre expertise à disposition de celles et ceux qui – partis politiques, associations, institutions, … - le souhaitent. Ces convergences doivent être assumées sans dilution de nos fondamentaux et ne peuvent advenir au prix de nos principes.
Au-delà de ces axes, je suis convaincu qu’un élément transversal est indispensable : la convivialité. La laïcité n’est pas seulement un combat ; elle est aussi une manière d’être ensemble, fondée sur la liberté, la dignité et la joie de vivre. Cultiver les relations humaines et l’engagement collectif est sans doute la meilleure manière de résister à la résignation et à la déshumanisation.
Par conséquent, mon engagement est celui d’incarner un rassemblement, au service de l’ensemble du mouvement. Mon intention n’est pas de transformer radicalement ce qui fonctionne, mais de prolonger, consolider et amplifier l’action laïque face aux défis présents et à venir.
Je souhaite contribuer à faire vivre un mouvement ouvert, exigeant, fidèle à ses fondamentaux historiques, pleinement en phase avec les temps présents et résolument tourné vers l’avenir. Un mouvement capable de défendre sans relâche la liberté de conscience, l’égalité des droits, l’autonomie des individus, la pratique du libre-examen et la solidarité entre toutes et tous.
Je vous remercie pour la confiance, les échanges et le soutien que vous accordez à celles et ceux qui s’engagent au service de la laïcité. Ensemble, continuons à faire de notre idéal une force vivante au cœur de la société. Les temps nous y obligent et la tâche est immense. Poursuivons le travail, ensemble. Je suis à votre disposition.
Avec mes salutations laïques et libre-exaministes,
Thomas GILLET
Président du Centre d’Action Laïque
28 mars 2026
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Thomas
"Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d'action"
Henri Bergson